L’avènement du PDG livestreamer
Lei Jun chez Xiaomi, Zhou Hongyi chez 360 Company : les patrons chinois s’installent désormais face caméra pour animer eux-mêmes leurs sessions de livestream. Elon Musk avait posé le précédent à l’international. En Chine, le format s’industrialise. Ces dirigeants ne se contentent pas de présenter un produit. Ils incarnent la marque, la rendent accessible, presque familière, auprès d’une génération née le smartphone à la main.
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L’exercice piège. Le dirigeant doit tenir sa crédibilité tout en restant abordable, encaisser sans broncher la question qui dérape, trouver un ton qui parle à un public jeune, réfractaire aux discours rodés. La jeunesse chinoise réclame de l’authenticité. Le direct, par définition, ne pardonne pas le faux pas. Tout l’enjeu : incarner la marque en temps réel, sans script et sans filtre.
Une intégration stratégique au marché
Reste que le livestream du PDG ne tient sa promesse qu’inscrit dans une stratégie marketing cohérente. Le dirigeant charismatique attire spontanément l’audience. Les autres s’appuient sur une mécanique éditoriale solide pour rester pertinents à l’écran. Bien exécuté, le format consolide la présence d’une marque sur son marché, installe la confiance du consommateur et nourrit une fidélité durable. À mesure que les patrons adoptent le format, la grammaire de la relation marque-consommateur bascule. Dans un marché aussi disputé, le dialogue direct entre dirigeant et client redéfinit en profondeur ce que recouvre le mot « engagement ».

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